There’s a bit of magic in everything, and then some loss to even things out

Lou Reed est mort hier, comme ça, sans prévenir. Après nous avoir donné des nouvelles rassurantes suite à sa greffe du foie, alors qu’il recommençait à faire des projets, le Rock’n Roll Animal est parti, sans même que j’ai eu l’occasion de le voir une fois sur scène.

J’imagine que tout le monde ne va pas pleurer le personnage mégalomane et antipathique qui insultait les journalistes et conchiait ses collègues artistes à longueur d’interview. En tant que très grand fan, j’avoue ne pas avoir grand chose à dire pour sa défense sur ce point là. Seulement il y a l’homme, et il y a l’œuvre, et cette dernière représente quelque chose de fondamental pour moi.

Les morceaux de Lou Reed font partie des choses qui m’ont accompagnées pendant des années, dans les meilleurs comme dans les pires moments, et qui se sont tellement mélangés avec des morceaux de ma vie que j’ai parfois l’impression qu’ils m’appartiennent. J’ai hésité un moment à écrire un de mes pavés imbuvables sur sa carrières, ses transgressions, les portes qu’il à ouvertes, etc. Et puis en fait, non. Le plus important, je crois, c’est juste de dire que quand les œuvres de quelqu’un nous ont accompagné tellement longtemps, qu’on a eu une relation tellement intime avec elles, on a forcément l’impression qu’un petit morceau de nous s’en va avec l’auteur.

Au moment de choisir avec quel morceau illustrer cet article, j’ai longuement hésité. Rien ne dépasse l’impression que m’ont fait le Velvet Underground et les premiers albums solo de Reed dans ma jeunesse. En même temps, Reed était furieux d’entendre les journalistes comme le public ramener sa carrière encore et encore à cette époque, alors qu’il avait commis tant de choses dignes d’intérêt depuis. En guise de compromis, il reste la recréation en live de l’album Berlin (1973), effectuée en 2006, durant laquelle les époques se télescopent pour se réinventer mutuellement et donner naissance à quelque chose de nouveau. Dans ces morceaux, on mesure à la fois le chemin parcouru par l’artiste et la puissance évocatrice du mythe qui entoure ses début.

Sur ce, il ne me reste plus qu’à dire adieu à celui qui me chantait Ride Into The Sun quand j’étais gamin et que je me sentait seul le soir dans ma chambre.

Commentaires

  1. Et il est parti un dimanche matin. Maintenant y a vraiment plus personne pour mettre en valeur ses montures de lunettes.

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