Mirage Men, première au festival Fantastic Fest en septembre

Mirage Men, avant d’être un film, était un livre de Mark Pilkinton. Il devait pourtant s’agir d’un film depuis longtemps mais les auteurs ont visiblement eu le plus grand mal à concrétiser la chose et c’est bien dommage. Le bouquin (je parle bien entendu du bouquin puisque le film n’est pas sorti, mais je ne vois pas pourquoi ce ne serait pas tout autant jubilatoire à l’écran) est à mon humble avis une pure merveille.

Il ne s’agit ni d’un livre de soucoupiste plus ou moins barré défendant la thèse extraterrestre à propos des OVNIS, ni d’un exposé sceptique destiné à démonter au cas par cas une série de témoignages. Il aurait (presque) pu s’agir d’une étude sociologique du milieu ufologique américain, mais la démarche relève trop du journalisme gonzo pour ça. Il pourrait s’agir d’un historique de l’implication des services secrets dans le phénomène OVNI si l’auteur passait moins de temps à décrire ses pérégrinations au milieu des allumés de la soucoupe et un peu plus à donner des références précises concernant ses sources. Au final, bien peu des thèses développées sont assez étayées pour être vraiment vérifiable. De toutes façons, si la CIA, l’AFOSI ou je ne sais quel autre organisme s’est amusé à voler des vaches en hélicoptères pour les disséquer, il est fort probable que la chose reste confidentielle. Il est bien entendu que selon toute probabilité, très peu des hypothèses abordées sont fondées, même si le postulat de base (les services secrets ont utilisé au moins occasionnellement le phénomène OVNI et les zozos qui tournent autour comme outil de désinformation) est vraisemblablement juste.

Tout ça, on s’en fout, puisque c’est le ton, les personnages truculents et le coté justement délirant des histoires abordées qui font tout le charme du bouquin. Il en résulte une ambiance vraiment réussie, toujours hésitant entre le comique, l’inquiétant et le carrément délirant, qui ne peut que procurer au lecteur quelques authentiques moments de doute s’il veut bien se laisser faire (le temps de la lecture, bien entendu). Le tout en tout bien tout honneur, l’auteur reprenant régulièrement une position raisonnable et admettant que finalement, est-ce que tout ça a un fond de vérité ou non, on n’en saura jamais que pouic. Mirage Men est un hommage au post modernisme, mais l’exercice est également réalisé avec le minimum syndical de recul, et ça, c’est salutaire. Au final, tout ça se lit comme un bon polar, et le sceptique que je suis n’a hurlé au scandale qu’une dizaine de fois à tout casser.

Alors bien sur, je ne vous suggère pas de vous tapper un bouquin en anglais (encore que, pour certains, ça devrait pouvoir se faire), mais si vous avez l’occasion de voir le film (aucune idée du format sur lequel il sera visible en France, probablement télévisuel sur une chaine paumé du cable, si seulement il arrive jusqu’à nous), n’hésitez pas.

Commentaires

  1. festival fantastic fest, y a pas un peu trop de fest dans cette phrase ? Bon, j’ai quand même tout lu.

  2. Y’a qu’à demander.

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